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l’Or Du Commun – Zeppelin (2017)

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Après deux projets à quatre, L’or du commun (2013) et l‘Odyssée (2015), le groupe bruxellois l’Or du Commun est revenu en trio dans les bacs le 3 mai dernier avec un nouvel EP, Zeppelin, produit en collaboration avec le beatmaker lyonnais Vax1 (qui avait déjà travaillé avec le groupe par le passé, mais aussi avec Hippocampe Fou ou le collectif francilien l’Entourage). Loxley, Primero et Swing offre avec ce nouveau projet un voyage. Embarquez dans le zeppelin!

Tout commence avec Léon, titre référence au film de Luc Besson avec Jean Réno («Laisse moi planer sous les néons, voir le monde en marge/ Derrière deux ronds de verre comme Jean Reno dans Léon […]».) Les couplets envoient une ambiance chaleureuse avec quelques notes funky, les refrains offrant des envolées. Un délicieux mélange entre rap aux flows extrêmement maîtrisés et des parties plus chantées. Quant au visuel, il illustre parfaitement l’idée de marge, d’évasion avec de superbes paysages et étendues désertiques. 

La deuxième piste, 1000, est un vrai hommage à la capitale belge et aux rues que le trio a du arpenté des milliers de fois (le nom du morceau fait référence au code postale de Bruxelles, quant au refrain, il décrit parfaitement l’idée de déambulation, de pérégrination «Un pied et puis l’autre, j’avance guidé/Par mes envies, dans Bruxelles et ses différents quartiers/ Je marche, on dirait presque que je danse […].»). L’instru, composée d’un gros sample de flûte soutenue par des kicks trap, donne envie de divaguer dans une ville, le son à fond, tout en avançant à la limite de la danse. Une grosse mention pour le clip ci-dessous.

Avec Mets la Gomme, le registre est un peu plus léger mais tout aussi efficace. Une grosse instru funky,avec un synthé sorti des 80s, sur laquelle les trois MC déclarent leur amour aux automobiles (Tout est mauve comme les néons sous des bas d’caisses/Dédicace aux flics qui veulent que j’use mes baskets […] J’emporterai ma tire quand j’irai au paradis […]) avec en prime une super référence au pilote Samy Nacéri. Un morceau à écouter d’urgence à fond dans sa voiture avec les pneus qui crissent; 

Retour à un registre un peu sérieux avec Étrangers. Un morceau qui questionne notre rapport à autrui, ou comment certaines relations s’étiolent avec le temps. (Tous dans la même pièce/Je sens quand même de grandes distances […] j’ai peur de n’être qu’un fantôme dans vos soirées/De ne plus rire à vos blagues/D’avoir égaré le trait d’union/Qui assurait votre avenir près du mien […]). Toutes ces interrogations sont sublimées par une prod très aérienne.

Après un Interlude hilarant (deux parents parlant de leurs enfants rappeurs aux comportement bizarres, l’un buvant du sirop pour la toux et l’autre ayant une conjonctivite et des yeux rouges tout le temps), le trio balance la sixième piste, Jeu. Dans ce morceau, les MC se moquent des rappeurs qui s’inventent une vie, jouent un rôle (La vie que j’ai, je l’aime en tout cas/Je joue pas d’flûte, j’dis pas d’salades […]). Pour parer à cette sorte de médiocrité, les rappeurs proposent de se transcender, de briser la monotonie quitte à faire «un chat-bite avec Poutine.»

Derrière le curieux titre du septième son, Cendres et Pollen, le trio livre un morceau très réfléchi sur l’existence et sa possible fin après la mort (Question, question, question sans réponse/Que reste-t-il de l’esprit quand l’existence s’estompe ?/Quand je m’enfoncerai dans les abysses…/Que restera-t-il de l’âme qui m’habite?). Le titre, utilisé dans la rime «avant qu’on mélange mes cendres et le pollen» est une possible référence au film How High où deux amis fument les cendres de leur ami décédé qui a servi d’engrais pour la pousse de leur weed.

Le huitième son est le seul feat de l’EP. Le groupe a invité le rappeur bruxellois Roméo Elvis sur Apollo . Une grosse prod encore très aérienne sur laquelle les MC parlent notamment de leur progression et de l’essor du rap belge depuis ces dernières années (on ne peut qu’acquiescer!). Ils veulent une carrière pérenne, ne voulant pas finir comme Han Solo (mort dans l’épisode VII de la saga Star Wars) et Apollo (un programme spatial arrêté dans les années 70.)

L’EP se termine avec Cordes métalliques, un morceau lancinant plein de groove. Ce groove s’explique dans le refrain où Primero explique que le groupe est guidé par les cordes métalliques (les cordes de la basse.) Un son tout en douceur parfait pour terminer cet EP.

Zeppelin est un projet très dense, que ce soit musicalement avec les différentes ambiances et atmosphères qu’a composé Vex1, mais aussi dans des textes très riches et aiguisés. Les flows sont emplis d’émotions, les parties chantées vraiment maîtrisés. 

Baptiste
Baptiste, tout nouveau dans l’équipe Distortion, fan de musique en tout genre et de nouvelles découvertes sonores.

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