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-M- , Toumani & Sidiki Diabaté – Lamomali (2017)

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Cinq ans après son dernier album solo Ils et deux après son dernier projet, La B.O.² -M-, le talentueux multi instrumentiste Matthieu Chédid fait son grand retour pour un projet collectif, Lamomali, avec Sidiki et Toumani Diabaté, deux musiciens maliens joueurs de kora notamment. -M- avait déjà chanté son attrait pour le continent africain avec Mama sam mais pousse la déclaration d’amour sur tout un projet imaginé entre Paris et Bamako et impliquant une multitude d’artistes aux horizons divers.

Tout commence avec Manitoumani, un très beau duo entre M et Toumani Diabaté qui rend hommage à la kora, un instrument à corde s’apparentant à la harpe-luth et très présent dans la musique d’Afrique de l’Ouest, donc du Mali. « J’entends dans ta kora toute l’humilité
À la verticale dans l’immensité. » Une première piste toute en douceur pour commencer le projet.

S’en suit Le bal de Bamako, un morceau super funky dont -M- a le secret et sur lequel on trouve Fatouamata Diawara, chanteuse malienne et le rappeur Oxmo Puccino pose toute la finesse et la drôlerie de sa plume. «Si quelqu’un appelle Dis lui qu’on se tire à un bal réel.» Le clip complètement déjanté est à ne pas rater.

On retrouve Fatoumata Diawara sur Cet air. Un morceau qui débute par quelques sifflements, des notes de kora puis un rythmique beaucoup électronique très syncopée, proche du reggae. «Chaque fois qu’une chose est sifflée, un morceau de ta vie est passée» déclame la chanteuse. Un très joli morceau. Après un Interlude assez court, on retrouve le duo précédent sur Une âme. Un très joli morceau acoustique où les langages se mêlent, supportées par une très belle orchestration. «Je suis pas un homme, je suis pas une femme, mais une âme.»

L’association de la piste suivante, Le Bonheur, est très originale. On y trouve le musicien guinéen Kerfala Kanté et l’artiste lyrique, le contre-ténor français Philippe Jaroussky. Un morceau qui commence par des sonorités africaines pour doucement aller vers un air plus classique. Le mélange des genres est extrêmement plaisant.

Le huitième son, Solidarité, est l’un de mes coups de cœur et symbolise le métissage prôné par ce projet. On trouve pas moins d’une dizaine d’artistes qui s’approprient chacun dans leur style la rythmique funky du morceau: l’Américaine Santigold, la Libanaise Hiba Tawaji, le Brésilien Seu Jorge, le rappeur français Nekfeu, le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf, le Sénégalais Youssou N’Dour, la Chinoise Chan Chan, bref un morceau qui se veut humain et qui dépasse les frontières. Encore une fois les langues se mêlent et se succèdent, la bossa brésilienne est liée au rap français pour notre plus grand plaisir. «Solidarité voilà ce qu’on est venu demandé/La beauté n’a pas de frontière, les frontières n’ont pas de beauté

Sur Toi Moi, -M- est rejoint par son père Louis Chédid, accompagnés par Fatoumata Diawara. Le très beau refrain reprend la phrase inscrite sur la pochette par Andrée Chédid «Toi, qui que tu sois, je suis bien plus proche qu’étranger»? Encore une belle preuve de l’ambition de ce projet, une ouverture sur autrui et un partage des plus sincères.

L’âme au Mali, un morceau aux accents beaucoup plus rock, est partagé par -M-, le duo Amadou & Mariam et la jeune révélation française Jain. Cette dernière, qui avait utilisé des sonorités africaines sur son premier projet, est comme un poisson dans l’eau sur ce morceau qui reveille bien et invite à sortir ses plus beaux pas de danse «L’âme au Mali/ On chante, on danse/On bouge, on se parle.» Tout un programme.

Sur Mama, -M- convie la chanteuse guinéenne Mamani Keita et le Malien Moriba Diabaté. Sur ce morceau, les notes et arpèges de guitare et kora accompagnent avec sensibilité et justesse les très belles voix de ces musiciens.Koman le héros, dernier son, est une belle synthèse de cet album: une basse très funk, des notes de kora, une guitare qui lâche quelques notes endiablées. Une très belle façon de finir ce projet.

Lamomali est un projet qui tenait à cœur à -M- et sa réalisation est vraiment à un super niveau. L’idée de partage, de métissage, de mixité se retrouve presque sur chaque morceau où artistes de différents genres, différentes langues, différents horizons partagent, le temps de quelques secondes parfois, un bout de chanson. C’est vraiment la force de ce projet, faire honneur et rendre un bel hommage à la musique africaine en y invitant des gens au premier abord étrangers à cette musique. Le seul bémol est la durée: 11 morceaux pour 38 minutes, c’est assez peu et on en redemande.

Baptiste
Baptiste, tout nouveau dans l’équipe Distortion, fan de musique en tout genre et de nouvelles découvertes sonores.

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